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 Je te retrouverai. [Shadock - FLASH BACK]

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MessageSujet: Je te retrouverai. [Shadock - FLASH BACK]   Sam 30 Jan - 13:06

C'était si douloureux, son bras était si douloureux. Sa chaire pendait par endroit et ses os étaient déformées, déchirant les tissus et les muscles, enflammant ses nerfs de milles aiguilles aiguisées. A chaque passage de l'eau sur son bras meurtri, elle se mordait profondément la langue en réponse à la contraction de ses muscles. La douleur était ignoble, irréelle, et elle craignait au fond d'elle même de devoir couper son bras blessé, le manque de soin présent dans les souterrains étant un risque aux infections. Elle ne voulait pas mourir alors si il le fallait elle perdrait son bras gauche.
Elle passa sa main non blessé derrière la nuque de l'un de ses gardes et celui ci la maintint fermement par la taille. Elle avisa pourquoi et serra les dents. L'une de ses Filles était allée chercher le sabre qu'elle gardait dans son bureau et elle n'avait pas besoin de demander pourquoi elle faisait ça. Les morceaux de peau pendant de son bras étaient une indication suffisante sur ce qui aller suivre.
Posant son front contre le torse de l'homme qui la maintenait, elle inspira profondément et hocha la tête en direction de son second garde qui avait dégainé l'arme. Elle lui sourit, rassurante, en le voyant hésiter. Lui même reprit contenance en voyant l'état de la Dame, son corps luisant de sueur et ses yeux fiévreux étaient des indications à sa souffrance et cela lui mordit le cœur. Mais il n'hésita pas quand il trancha un premier morceau de peau. Toutefois le bref cri que laissa échapper la femme si forte qu'il aurait du protéger le fit frémir de rage. Il ignora les sanglots étouffés des filles qui étaient restées en arrière, les gémissements et bref cris de douleur de sa Cheffe et continua sa besogne, grinçant des dents lorsque la peau endommagée était proche du bras et qu'il devait la décoller et la trancher. Il était admiratif devant la résistance de la femme qui ne s'était pas évanouie et qui ne détournait pas le regard, alors il redoubla de prudence pour ne pas la blesser plus mais il ne ralentit pas, il voulait que ça se finisse vite, que les cris cessent enfin.

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MessageSujet: Re: Je te retrouverai. [Shadock - FLASH BACK]   Dim 31 Jan - 15:05

Combien de temps. Combien d’années, combien de jours. Combien d’heures. Combien de temps avait-il laissé s’écouler depuis qu’il était revenu à la vie, à la surface. Combien de blessures, combien de cicatrices, portait-il aujourd’hui, témoins du parcours tumultueux de sa pauvre existence qui n’avait plus de sens. Combien de combats avait-il gagnés, combien de batailles avait-il menées. Combien de cris, de rage, de haine, de courage, avait-il poussés. Combien de pleurs, et de larmes essuyées. Autant de chemin parcouru. Autant d’obstacles franchis, d’épreuves surmontées. Autant de choses qui devaient le mener à vivre et non plus survivre. Et tout cela en vain.

Le jour, il errait parmi les vivants. Il n’était plus que l’ombre de lui-même, carapace étiolée, coquille fracturée qui s’émiettait à mesure que ses pas le menaient vers le néant. Déshumanisé, monstre de vide. Et le cœur saignait, et l’âme tourmentée. Le cœur saignait sans cesse un trou dans la poitrine. Le cœur saignait et l’âme suintait la douleur et la colère. Il n’était que souffrance, et si souffrance qu’il ne ressentait plus. Plus rien, rien qui puisse lui faire penser à vivre de nouveau. Il n’essayait pas. Il ne tentait même pas de se relever. Mis à genoux au pied d’un mur qui touchait le ciel, il hurlait son absence qui lui mutilait le corps, il hurlait sa disparition, il hurlait sa douleur pour lui-même, ne rejetant autour de lui qu’haine et désinvolture.
La nuit n’était pas meilleure, la nuit était pire, était d’insomnie et de chagrin. La nuit, chaque nuit, l’enveloppait dans un drap broussailleux d’épines et d’acier rouillé, resserrant une emprise grandissante dont il ne se débattait même pas.
Chaque nuit, chaque jour, chaque heure, depuis sa perte, il revoyait son image, frêle mirage souriante et flamboyante. Elle brillait encore, dans un recoin de rue où ils s’étaient charmés tous deux. Elle illuminait, pareille au plafond étoilé, à chaque lieu où elle avait existé. Ne pouvait-il pas caresser une nouvelle fois, juste une seule fois, sa peau douce et le teint pâle de son visage ? Ne pouvait-il pas goûter, rien qu’une fois, juste une seule fois, à la saveur délicate de ses lèvres ? Il priait le ciel et tous les dieux, il suppliait qu’on lui la laisse, qu’on lui la rende. Qu’on lui rende le seul trésor qui n’avait jamais cessé de l’émerveiller, et de faire bondir son palpitant au creux de sa poitrine.
Mais il n’avait plus de souvenir que celui du toucher froid de son cadavre dans ses bras.

Elle le tuait à petit feu, elle le tuait de plus en plus fort et de plus en plus sournoisement. La douleur était si vive, la douleur était si vile. Il s’y abandonnait. Il y plongeait sans se débattre, il s’y adonnait presque avec plaisir. Elle le condamnait, jugeant d’elle-même de la peine maximale pour cet être infect qui n’avait pas su la protéger. Qui l’avait lui-même condamnée à mourir sous des coups qui ne lui étaient pas destinés. Elle le jugeait coupable de son meurtre. Elle le jugeait coupable de ses malheurs et sur lui, rejetait son courroux vengeur, lente et languissante brûlure qui marquait au fer rouge chaque parcelle de son corps et de son cœur.
Il ne s’impatientait pas d’en finir. Il n’avait pas le droit. Il se savait coupable. Il désirait prolonger sa peine, pour lui rendre justice. Il voulait seulement la revoir, mais en être méritant. Et pourtant, il aurait tout donné pour mourir lui aussi. Il se l’interdisait.

Pour la première fois dans sa longue existence, le Renard ne savait pas comment s’y prendre. Il lui semblait que tout lui échappait, que tout se dérobait au-dessus de lui, devant lui, derrière lui, tout autour de lui, et à ses pieds, il tombait. Plus bas que terre. Une nouvelle fois. Au fond du fond, là où l’on oublie. Et rejoindre des fantômes, être fantôme parmi les fantômes. Ne plus exister, perdre son identité. Sous les gens, et sous les animaux. Ne plus avoir le droit, le simple droit, d’admirer le ciel et son étendue. Rien, il n’était plus rien. Il retournait au néant, puisque de néant il était maintenant rempli.

Quand bien même, peut être lui restait-il un instinct primaire qui sauverait sa misérable vie. A quoi bon, puisqu’elle n’avait plus de sens. Mais enfin.
Mais enfin, il ne sut comment, et le coutelas sanglant dans le creux de sa main témoignait peut être des traces qu’il avait laissé derrière son sillage, il se retrouvait devant un lieu familier. Il se traina dans cet endroit qui aurait dû être rassurant. Il s’y traina sans un mot, se haïssant pour ce geste. Se haïssant d’être ici. Car il savait que tout ce qu’il cherchait, c’était de la chaleur, quelque chose à quoi se raccrocher. Peut-être qu’au fond, il n’aurait pu lui donner sa vie. Peut-être qu’au fond, il était si monstrueux qu’il aurait préféré donner sa vie, plutôt que celle dont il était pourvu. La sacrifier, pour se sauver. Cette pensée le morfondait profondément. Au final, qu’avait-il d’humain pour favoriser sa pauvre existence à celle de son aimée. Avait-il seulement le droit d’exister.
Qu’avait-il fait, pour devenir ainsi.
Qu’avait-il fait, pour en arriver là.
Qu’avait-il fait, de travers, pour la perdre. A jamais.

Des cris. Des pleurs. Autour de lui. On lui parle, quelque chose, quelqu’un, lui dit que l’endroit est fermé, qu’il doit partir. Mais il est chez lui ici. Et de rage, qu’on lui manque ainsi de respect, le monstre rugit. Son poing part et se flanque sur le visage d’un homme qui vole contre une table en la cassant en deux, de par son poids. Il file. Il glisse sur le plancher si propre et si bien entretenu du Lys Pourpre. Comme un revenant, un être perdu entre deux mondes, un être qui ne devrait pas être là. Mort ou vivant, quelle différence.
L’ombre, pourtant tout de blanc vêtue malgré quelques rougeurs de sang sur le costume, l’ombre s’avance lentement dans le salon du rez-de-chaussée, en écoutant sagement les cris de douleur qui résonnent si bien à son cœur. Et dans ce cœur, le Renard sait. Il sait déjà. Il sent déjà. Il ressent. Un profond dégoût pour lui-même. Il a encore échoué. N’était-il fait que pour penser qu’à sa propre personne, au final ? Il lui semblait qu’il avait beau faire tous les efforts du monde, ce n’était qu’illusion : il était incapable de protéger qui que ce soit, mis à part lui. Il n’avait qu’à lever les yeux pour voir l’étendue des dégâts que son égoïsme pouvait causer.

La deuxième femme de sa vie était accrochée à l’épaule d’un homme et beaucoup s’affairait autour d’elle. Quelqu’un d’autre s’adressa au Lord Phantom, qui n’entendit pas. Il ne voulait pas écouter. Il ressentit pourtant une pression à son col, et par réflexe, trancha sans ménagement le poignet qui tenait la main provocatrice. Méphistophélès frappait. Le démon enrageait. Il bouillonnait. Mais de rugir, il s’abstenait. Ce n’était pas de lui dont il s’agissait ici. Et sa douleur faisait écho à la sienne. Comme si elle criait pour lui.

« Je t’ai apportée un cadeau. »

A quoi pensait-il ? Que devait-il faire ?
Le mal était fait. Devant lui, il en était témoin. Il arrivait trop tard encore. Cela devenait une habitude, un toc, insurmontable. Il se détestait.
Avec lenteur, pareil à un pantin de bois, il se laissa glisser vers le sol et posa un genou à terre. Il déboutonna alors le haut de son costume et découvrit la tête blanche d’un jeune chat qu’il déposa tout entier sur le plancher. Immaculé, l’animal portait son regard tout autour de lui, si innocent, si inconscient de ce qu’il se tramait.
Comme elle l’avait été.

Relevant son visage devant lui et sur la scène de carnage, il resta immobile durant quelques secondes, avant d’enfin prendre une sage décision et de s’approcher en voyant avec quelle maladresse les hommes de mains de la Dame Araignée tentait de sauver les restes de son bras.
Un changement de comportement radical s’opéra chez lui et il se referma, laissant libre cours à tout ce que ces années d’efforts et de sacrifices lui avaient apprises et apportées. Maître de lui-même, et pourtant si instable, si fragilisé. Comme s’il tentait vainement de ramasser les morceaux en un tas difforme pour essayer d’en faire quelque chose.
Le visage fermé et sérieux, il repoussa l’homme tenant le sabre et prit sa place. Maniant avec aisance son coutelas dont il avait pris soin d’essuyer la lame pour éviter toute contamination par une victime récente, le Renard s’appliqua à nettoyer l’étendue de la plaie brûlée, là où le sabre trop long, ne pouvait notamment pas aller.
Sa besogne faite, il recula de quelques pas pour laisser à d’autres la tâche du bandage et s’adossa à un mur en patientant, le regard fixé et posé sur la grande dame du Lys Pourpre, mais perdu ailleurs et si vide de sens.

En son intérieur, il tentait de racoler les deux morceaux de son cœur pendant, comme un enfant essaierait de réparer une bêtise avant que ses parents ne s’en rendent compte. C’était idiot. Immature. Dépourvu de logique.
Mais il avait perdu son centre de gravité et lentement, il dérivait vers le néant, puisque de néant il était maintenant fait. Que pouvait-il dire ou faire. Tout était de sa faute. Sa faute. Une erreur, fatale pour elle. Plus jamais il ne la reverrait. Il s’était tué lui-même. Et elle le tuait de nouveau, à petit feu. Tout ce qu’il ressentait, il le méritait. Il était perdu. Perdu dans un monde qu’il ne reconnaissait plus.
Ruyn était partie en lui arrachant la vie, comme il avait mis fin à la sienne.

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MessageSujet: Re: Je te retrouverai. [Shadock - FLASH BACK]   Lun 1 Fév - 23:48

« Je t’ai apportée un cadeau. »

[Pourquoi es-tu aussi cruel ?] songea intérieurement Geheime, ses yeux embués tentant de focaliser une attention accrue sur l'homme qui venait d'arriver, ignorant les tentatives de ses employés pour l'arrêter. Prise dans sa douleur elle n'avait plus qu'une conscience simple et confuse du temps qui passe, alors quand elle sentit une puissante douleur dans son bras, elle ne réagit tout d'abord pas, juste le temps que son cerveau face quelques analyses. Pour elle il ne s'était écoulé que quelques secondes, juste le temps d'un clignement d’œil, mais elle devait bien se rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas, puisque c'était son cher Lord qui venait d'entreprendre de sauver ce qui restait de son bras.
Bien que jusqu'à maintenant elle avait réussit à endiguer la douleur avec plus ou moins de réussite et donc à ne laisser échapper que de faibles cris de douleur, elle ne s'était pas préparée à ce que lui soit là, et donc qu'il s'en occupe. Prise au dépourvu elle hurla à s'en déchirer la gorge durant les premières secondes du traitement, griffant la nuque de l'homme qui la maintenait maintenant debout. Elle tourna la tête vers l'homme qu'elle considérait comme son frère, et dans ses gestes, dans sa tenu et ce qu'elle pouvait analyser, elle sentit autant si ce n'est plus de souffrance qu'elle. Mais lui ce n'était pas physique, non.
Prise au dépourvue par une nouvelle vague de douleur, elle ouvrit la bouche dans un second cri avant de l'étouffer en mordant profondément dans la manche de son kimono. Au bout de ce qui pour elle fut plusieurs longues heures de torture, la douleur reflua alors qu'on laissait sa blessure en paix. Dés que le roi de la Cour des Miracles s'éloigna, elle fut prise en charge et un maximum de soins furent prodigués à la blessure avant qu'elle ne soit protégée avec plusieurs bandages.
Pendant tout le processus, Geheime n'avait pas quitté Shadock des yeux, sûrement de peur qu'il ne fuit encore pendant plus de dix ans sans revenir la voir. Elle luttait contre la fièvre qui voulait la plonger dans une inconscience bienfaitrice et congédia rapidement tout le monde.

« Allez soigner les blessés, qu'ils soient ensuite installés dans leur chambre. Préparez vous, soyez présentables, je veux que le Lys Pourpre soit rouvert dans l'heure. »

Chacun acquiesça et elle avisa le 'cadeau' de son frère.

« Amenez le dans mon bureau. Maria.  »

« Oui Madame ? » répondit une adolescente brune aux grands yeux gris en s'avançant.

« Installe le dans mon bureau, tu t'occuperas de lui jusqu'à ce que je revienne. »

« Bien Madame. »

Et chacun partit laissant seuls les deux êtres qu'ils ne voulaient surtout pas contrarier. Inspirant sèchement, la black bougea, testant ainsi son équilibre et, constatant qu'elle ne chuterait pas, se dirigea vers l'homme qui la dominait de sa haute sa taille. Arrivée tout près de lui elle pu alors voir l'état réel de cet homme qu'elle aimait tant. Elle pinça les lèvres, une moue profonde de dégoût peinte sur son visage d'habitude si joviale. Elle leva son bras valide et l'abaissant, gifla le Lord sans qu'on ne puisse voir de remord dans ses yeux. Il n'y avait dans ce geste pas autant de force qu'elle l'aurait souhaité conte tenu de son affaiblissement actuel. Elle n'était pas stupide non plus. Il était armé. Oh, elle aussi, elle avait récupéré son arme, mais avec son bras inutilisable et la fièvre, elle ne battrait même pas un enfant. Toutefois elle décida d'agir avant qu'il ne puisse prendre la décision de peut-être la tuer pour cet affront.

« Pourquoi es-tu revenue me voir Shadock ? Pour prendre de mes nouvelles ? Pour t'apitoyer sur ton sort ? Ça fait plus de dix ans que je t'attends connard ! » feula la femme, repoussant l'inquiétude qu'elle éprouvait à son sujet aussi loin que possible pour ne pas perdre de sa verve.

« Je ne suis pas une sainte à qui on vient raconter ses malheurs ! J'ai vécu autant de choses que toi Shadock. Je sais ce qui est arrivé. Je sais que tu es capable de me tuer pour mon affront, mais sérieusement, regarde moi ! » continua t-elle dans un éclat, écartant son bras valide de son corps, l'autre restant inerte à son côté.

« Maintenant regarde toi. Je ferais un nombre incalculable de chose pour toi, des meilleures comme des pires. Tu es l'unique homme que j'aime plus que tout Shadock, mais ça, » désigna t-elle en le pointant franchement du doigt « ça ce n'est pas l'homme qui a survécu au souterrain. Aurais-tu oublié la cruauté de notre monde en allant à la surface ? » ricana t-elle de sa langue acérée.

Elle réveillerait cet homme qui était son cher frère, elle ne connaissait pas particulièrement Ruyn. Et bien, oui elle avait recueilli un maximum d'informations, elle les avaient fait surveiller, toujours de loin pour ne pas qu'il le découvre et s'énerve. Donc elle savait en soit peu de choses, mais toujours suffisamment. Cette femme avait été forte, avec un caractère marqué, dommage qu'elles ne se soient pas rencontrées. C'était un peu cliché dit comme ça, mais elle voyait mal cette femme accepter l'état actuel du Lord, elle la voyait même très bien lui en coller une pour le réveiller. Mais elle au moins, elle n'aurait pas risquer sa peau à le faire.

Cachant habilement un vertige traître, Geheime se força à respirer lentement pour ne pas montrer sa faiblesse à cet homme qui ressemblait actuellement plus à une bête blessée qu'au garçon fort et habile qu'elle avait connu jadis. Pourtant elle n'avait qu'une envie elle, c'était de s'écrouler pour dormir et oublier. Franchement, aujourd'hui n'était pas un bon jour pour des retrouvailles, et comme son frère s'était actuellement écroulé mentalement, elle tiendrait le coup pour eux deux. En espérant survivre jusqu'au bout, hein, Shadock ?
[Un sourire et puis c'est tout, ressaisit toi stupide Lord à problèmes.]


HRP :
 

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MessageSujet: Re: Je te retrouverai. [Shadock - FLASH BACK]   Dim 7 Fév - 21:12

La salle se vide autour d’eux, mais il n’en a cure, il ne voit rien. Il ne voit qu’elle. Il se raccroche, il tente de se remettre debout, mais le démon l’assomme, le frappe, et il tombe à genoux à nouveau. Et dans ses yeux bleus, qui n’ont jamais été aussi expressifs, se joue une bataille perdue d’avance. Il a hissé le drapeau blanc, depuis longtemps, depuis sa perte. Mais l’ennemi est trop fort. L’ennemi n’a aucune pitié. Cruel, il passe sur lui et l’écrase, il n’en reste que des miettes. De la poussière. Elle souffle. Il disparait.

La Dame Noire s’approche. Il lit aisément le dégoût sur son visage. Il lit aisément la déception. Il ne voit qu’elle. Mais il a déjà trop mal pour en souffrir davantage. La gifle est une caresse sur son visage, mais les syllabes sont autant de balles traversant son corps qu’il y avait d’étoiles dans les prunelles de son défunt amour. Elle le tue encore. Se sont-elles donné le mot ?
Les insultes fusent. Les reproches griffent son torse et s’accrochent, comme des aiguilles et du fil, pour ne plus jamais quitter son être. Tente-t-elle de racoler les morceaux, de le faire réagir et de l’encourager à aller de l’avant ? Il ne lui semble pas. Elle rugit. Elle hurle devant lui.

Elle lui reproche son absence. Dix ans. Dix ans qu’il n’a pu voir son visage et ressentir sa chaleur près de lui. Dix ans qu’il lui manque ce pilier à sa vie. Est-ce sa faute ? Il a pourtant essayé. Est-ce sa faute ? On lui a interdit. On lui a barré la route, on le sonnait de regarder vers l’avant et de la laisser derrière. On le tirait, on l’empêchait. On l’enchaînait. Est-ce sa faute ? D’avoir voulu jouer trop longtemps, si longtemps, à ce jeu mortel avec l’homme qui avait fait naître en lui un monstre. C’était de sa faute à lui. Mais il n’était plus là, on ne pouvait plus le blâmer, plus se venger. Il ne restait plus rien. Frustration.
Elle lui reproche sa faiblesse. Elle est dans son bon droit. Pourtant, sa remarque le blesse, le pourfend. C’est comme si elle écarte un peu plus son cœur déjà coupé en deux et qu’elle plante ses milles aiguilles dans ses chairs. Elle n’a pas de pitié, elle non plus. Il ne mérite pas de pitié. Il le sait. Il a échoué, sur tous les plans. Et pour preuve : elle le craignait. « Je sais que tu es capable de me tuer pour mon affront ». Ses pupilles frémissent, subtilement. Heurté. Outré. Comment peut-elle penser qu’il puisse lui faire le moindre mal ? Le pense-t-elle si horrible, si monstrueux qu’il n’en aurait plus de respect et d’amour pour elle ? Et pourtant. Et pourtant, c’est bien parce qu’il l’aime que ses mots le blessent autant.
Regarde moi. Regarde dans mes yeux et dis-moi ce que tu vois. Son reflet, et le sien, et le tien. Regarde moi. Regarde toi. Regarde en moi. Les mots résonnent, il frissonne, l’écho est profond dans sa tête. Il se sent si seul, entouré de noir et de rien. Il a si froid.

« Tu es l'unique homme que j'aime plus que tout Shadock ». Et si elle savait à quel point il l’aime, lui aussi. Ses yeux bleus glissent sur le corps d’obsidienne devant lui, et le bandage qui contraste avec la peau douce et lisse. Plus le même, voilà ce qu’elle dit. Comment pourrait-il l’être, après avoir perdu bien plus que ce qu’il pensait ? Sa fierté, son honneur. Sa dignité. Il n’avait même plus d’identité. Elle lui avait tout volé, pour se venger. Et elle n’aurait jamais de cesse de le faire.
Parce qu’elle était comme lui. Aussi monstrueuse. Aussi cruelle. Avec ceux qui trahissaient ses caprices.

Ruyn l’aurait maudit pour l’éternité. Si elle avait survécu. Elle l’aurait ensorcelé une nouvelle fois, pour le tuer de ses propres mains, et lui faire regretter d’être tombé amoureux. Elle lui aurait infligé une vie de langoureuses souffrances, à ramper à ses pieds, pour ne serait-ce qu’une caresse de sa part. Elle lui aurait cédé un baiser, si ce n’est empoisonné. Mais il aurait préféré tout cela, au courroux vengeur de la défunte Lionne.
Il aurait préféré la voir jubiler, vivante, de lui faire souffrir le martyre. Il aurait mille fois préféré la voir souriante de le poignarder elle-même, bien vivante, que de la savoir disparue à jamais.

« Ça, ce n'est pas l'homme qui a survécu au souterrain. Aurais-tu oublié la cruauté de notre monde en allant à la surface ? »
Non. Il n’avait pas oublié. Il avait juste mal calculé son coup. Il avait juste mal fait les choses. Et cette erreur, il la paye aujourd’hui.
Il relève la tête, et la laisse retomber vers l’arrière, de fines mèches de cheveux sans couleur glissant sur son visage, si las.

« J’ai tout foiré. »

Il aurait du prévoir. Il aurait du savoir, qu’elle n’était pas en sécurité. Il aurait du savoir, il aurait du prévoir, que son adversaire était au courant de leur petit jeu d’amoureux. Mais il avait été bien trop con pour se croire au-dessus de ça. Il avait fermé les yeux. Il n’avait pas pris les précautions nécessaires. Il avait fauté, sous-estimé sa cible, l’homme qui lui avait tout appris.
Il lui avait pourtant bien semblé avoir entendu quelque chose à ce sujet. Pourquoi n’avait-il pas prêté plus d’attention à ce détail ? Pourquoi s’était-il laissé obstiner par la victoire, proche ?
Il n’avait pas su la protéger. Comme il n’avait pas su protéger Geheime.

Il avait pourtant cru qu’il y parviendrait, et qu’il offrirait aux deux femmes de sa vie une existence rêvée. Il avait pourtant cru, qu’il les sauvegarderait, si belles, si précieuses, indemnes. Mais cela avait pris trop de temps pour l’Aranya, et il était allé trop vite pour Ruyn. Tout ça, toutes ces années, pour tout détruire à la fin. En vain.

Il ne s’excuse pas. Il sait que ce n’est pas nécessaire. Les excuses ne servent à rien. Qu’en ferait-elle à part les lui rejeter au visage ? Il se tait alors. Il n’a plus rien à dire. Il n’y a plus rien à dire. Il a fauté, il a échoué. Il a tout cassé, encore. Pour la deuxième fois dans sa pauvre vie, pour la deuxième fois, le constat est flagrant et la vérité fait mal : il n’est pas parfait, il ne réussit rien. Toute cette comédie, pour quoi ? Pour quel résultat ? Pathétique.

Qu’elle se rassure : il est toujours habile. Il a encore toutes ses capacités physiques. Il rend seulement compte des conséquences de son erreur. Des conséquences sur lui. Sur les autres. Sur son monde. Un monde qui n’existera jamais.
Il est penaud. Il est comme un enfant qui a joué si longtemps, et qui tout d’un coup, brise l’objet avec lequel il s’est si bien amusé. Et plus rien pour le réparer. On ne peut pas remonter le temps. Qu’est-ce qu’il aurait aimé, pourtant.
Maintenant, il doit payer sa dette.

Il retire son gant droit, et avec une si grande tendresse, pose sa paume de main contre la joue de Geheime. Ses doigts, fins, glissent derrière son oreille, puis se délit contre sa nuque, dans ses cheveux pareils au plumage d’un corbeau. Et avec d’autant plus de délicatesse, il décolle son dos du mur contre lequel il s’était appuyé et vient coller son corps contre celui de la Dame Noire.
Elle lui a tant manqué.
Il est tellement désolé.
Il ne peut pas remonter le temps. Il ne peut pas réparer ses erreurs. Il n’a aucun moyen de recoller les morceaux. Il est sans outil et sans phare, dans l’obscurité.

Le constat est sans appel : pour la première fois dans son existence, il ne peut rien faire.

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